Toilette sèche vivante

Votre Amibe & Mr Laron

Une toilette sèche avec pré-compostage interne.

Publié le: 30 août 2007
Modifié le: 21 novembre 2013

J'ai réalisé cette toilette-trône en une après-midi.

Ce modèle est inspiré des installations canadiennes et scandinaves où une grande cuve recueille les déjections sous la maison et les composte. Je me suis dit: pourquoi ne pas faire cela en petit dans le siège de la toilette même. Mon modeste et bien imparfait bricolage me satisfait pleinement depuis deux ans qu'il recueille et traite mes offrandes à la terre. Des vers à compost (Eisenia Foetida) s'y sont installés pour donner un coup de main (qu'ils n'ont pas): c'est que cela marche!

Je vous soumets mon expérience afin que d'autres prennent le relais pour améliorer l'affaire.

Visitable au 311, chaussée de la hulpe 1170 Bxl

Le principe:

Profiter de la position assise pour employer la hauteur et utiliser la place disponible sous le siège des toilettes pour que le mélange déjections + copeaux y subissent déjà un processus de décomposition.

Les avantages:

  • Ne pas devoir vider la toilette trop souvent (une fois tous les 1 à 2 mois au lieu d'une à deux fois par semaine).
  • Véhiculer un matériau déjà "présentable" et manipulable (homogène, friable et sec, pas d'odeur, couleur terre: en tout cas, personne n'y voit du "caca", j'ai fait le test), voire déjà utilisable pour certaines cultures (tomates, aubergines, poivrons, cucurbitacées). Le percolat paraît déjà utilisable (?) (avec prudence et en dilution) comme engrais liquide.
  • D'un point de vue pédagogique, on a là une toilette "intelligente" où il se passe déjà quelque chose, au lieu du "bête" seau qui n'est qu'un réceptacle. C'est l'occasion d'observer de près le processus de décomposition, et de participer à sa bonne marche: édifiant!

Les difficultés

  • La décomposition des matières organiques étant un processus délicat, il faut veiller à en favoriser les conditions.
  • L'installation est bien entendu plus compliquée à réaliser qu'une simple boîte trouée avec un seau à l'intérieur.
  • Il faut prélever pelletée par pelletée pour mettre dans un récipient ou un sac (une fois tous les mois/2 mois), alors que le seau dans lequel on fait directement se vide aussi (1 à 2 fois par semaine) directement sur le tas de compost.
  • Ma propre expérience est limitée à l'extérieur (une cabine au fond d'une cour, comme jadis). Quelqu'un veut-il tenter l'expérience à l'intérieur? Je crois qu'il y a bon espoir, la difficulté étant surtout d'ordre psychologique.

Important:

  • L'aération: fenêtres à moustiquaire suffisamment grandes et à plusieurs niveaux, favorisant les courants d'air. Pourquoi ne pas installer une cheminée qui irait jusqu'au plafond?
  • Le drainage.
  • La facilité d'accès. Aussi bien pour prélever le pré-compost, que pour la vidange totale ou une réparation intérieure.
  • Trouver la bonne pente des plaques de verre, pour que les matières ne descendent ni trop vite, ni trop lentement.
  • Trouver une manière aisée pour récolter et manipuler le percolat.
  • Orienter (pour les hommes) l'éventuel jet d'urine vers l'arrière (là où tombe le reste), pour qu'il imbibe le mélange, et n'aille pas directement se mêler au percolat ou n'aille pas souiller la paroi avant du siège.
  • Faire bien en arrière.

Description et fiches Explicative

Le siège des toilettes se présente comme un "trône" à une marche. Au-devant de celle-ci, une porte permet de récolter les matières déjà en décomposition.

On s'assied sur une lunette classique qui donne sur un trou de même diamètre au sommet du trône.

Les déjections tombent sur un plan incliné en verre d'environ 12° de pente. Après (et avant) chaque utilisation, on les saupoudre d'une poignée de copeaux de bois (non résineux de préférence), plus le papier hygiénique et les rouleaux en cartons de celui-ci qu'on a tout le loisir de déchiqueter en déféquant. On s'accumulant, le mélange descend progressivement vers un second plan incliné (de pente moindre), situé plus bas. Un espace ménagé entre les deux plans permet aux matières de s'aérer en passant, voire de se retourner. Enfin, celles-ci aboutissent sur un grillage horizontal qui assure drainage et aération pour la poursuite de la décomposition. Sous ce grillage, un bac recueille la fraction liquide du mélange.

Un peu partout, des fenêtres d'aération (que l'on peut découper de façon esthétique) garnies de toile moustiquaire assurent une aération intérieure optimale pour favoriser la décomposition, éviter de ce fait les odeurs et éviter la condensation sur les parois, la lunette et le couvercle.

Retour d'expérience

Xavier: Les leçons de ma première expérience:

  • Prendre du verre de bonne épaisseur, sinon, il casse sous le poids, ou bien le soutenir par des traverses.
  • J'ai utilisé de l'aggloméré (j'avais trouvé des blocs tout faits sur une poubelle), mais outre que ce n'est pas un matériau très "noble" ni très sain, le fait que le bois soit à nu à l'intérieur lui fait prendre l'humidité. Des moisissures s'y développent donc, et je crois que c'est cela qui attire des mouchettes. Il faudrait dont employer un matériau étanche (au moins sur les faces intérieures), par exemple du bois de coffrage.
  • Installer un système facile pour recueillir et évacuer le percolat (une porte spéciale pour le bac, par exemple).
  • J'ai dû rajouter une lamelle de verre fort inclinée pour protéger le fond (face arrière). Avec cela, On peut y aller tranquille. Avant je devais faire attention de ne pas éclabousser ce fond.

SimoN: Devenir producteur?

A chaque fois qu'on y passe, un subtil sentiment de fierté vous envahi... vous voila devenu producteur d'humus biologique!