Narcisses

Une génération thérapeutique pour changer de climat
Publié le: 18 novembre 2013
Modifié le: 21 novembre 2013

Les années 30 , nous ressemblent. Les années 70 nous ressemblent... comme l'existence de cycles long qui coulent discrètement sous l'histoire pour nous la raconter à nouveau encore et encore. L'économiste russe Kondratiev avait mis en évidence en 1926 l'existence de cycles longs de l'économie, vagues longues de la conjoncture qui d'une durée de 40, 60ans nous menait de déprime économique en joyeuse croissance tout en recyclant les anciennes structures pour laisser la place aux innovations.

La vapeur, les trains, les automobiles, l'électricité, les avions, les appareils électroniques et enfin les technologies de l'information et de la communication. Autant de nouveaux héros pour renouveler notre récit directeur, notre conte global au multiple facette seul capable de donner aux générations nouvelles le courage de s'y mettre.

Crises de 1930, crise en 1970, crise en 2010.

Souvent je tombe sur un écrit de 1970. A chaque recherche, toujours, ces années reviennent comme si tout avait déja été dit, analysé, déconstruit à cette époque. Comme si le problème était vieux et les réponses évidentes. Le pétrole manque, on réinvente l'agriculture biologique, le commerce local, la construction en paille, le vélo.

Comme si finalement l'analyse pourtant limpide nous avait échappé des mains.

  • Le 11 mai 1971 à New York, un message signé par 2 200 hommes de science de 23 pays a été remis à U Thant, Secrétaire général des Nations Unies. En dépit des distances, de la diversité des cultures, des langues, des conceptions de la vie, des appartenances religieuses et politiques, nous sommes tous aujourd'hui également menacés. Jamais les hommes n'ont affronté jusqu'ici un péril dont la gravité et l'ampleur relèvent de la conjugaison de plusieurs phénomènes. Chacun d'eux suffirait déjà à lui seul à créer des problèmes insolubles ; tous à la fois, ils signifient que les souffrances humaines vont terriblement s'aggraver dans un proche avenir et que toute vie s'éteigne ou risque de s'éteindre sur la planète.
  • La Société du Spectacle est un essai de Guy Debord publié initialement le 14 novembre 1967 chez Buchet/Chastel. Le livre connut un retentissement considérable après les événements de Mai 68. Le film date de 1973.

  • Les 16 et 17 octobre1973, pendant la guerre du Kippour, les pays arabes membres de l'OPEP, alors réunis au Koweït, annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les États « qui soutiennent Israël ».

Discussion avec un ami, il regarde son fils, j'ai l'impression que son avenir sera maussade dit t'il, qu'il va vivre dans un monde pire que le mien. Il viens d'arrêter son travail. Il ne sait pas encore qu'est ce qu'il va faire à la place. Il y a bien quelques idées mais.

Il y a quelques années, j'avais l'impression qu'il n'y avait pas une personne autour de moi qui n'était pas en grand questionnement sur sa vie professionnelle, se demandant si il ne fallait pas s'arrêter mais alors que faire, quelle place dans ce monde ou tout les actes posés sont autant de gifles infligées à l'environnement, ou toute production est d'avance un gaspillage, ou toute consommation est non seulement vaine et futile mais par ailleurs arrache au sol de précieuses ressources qui serait pourtant bien nécessaires à nos voisins, ou à nos enfants: La décroissance, mot obus ou mot enclume, et nous voila tous soudainement écrasés brutalement par les simples lois de la thermodynamique.

Produire à quoi bon, consommer quel scandale. Mais que faire alors de nos carcasses dans une économie qui n'a plus à fournir que des emplois éco ou socio-criminels contre l'humanité?

Il y à 30 ans environ, en 1979, un historien et sociologue américain, Christopher Lasch, écrivait La Culture du Narcissisme : la vie américaine à un âge de déclin des espérances.

Didier Vanderbiest Docteur en médecine vétérinaire

  • L’innocence du CO 2 dans le réchauffement climatique anthropique devenant de plus en plus évidente, diaboliser un gaz produit en si faible quantité et dont l’effet de serre global se situe dans la marge d’erreur, est donc une hérésie scientifique. En déduire et clamer à tous vents qu’il faille drastiquement réduire l’élevage de Blanc-Bleu belge et notreconsommation de viande pour sauver la planète est non seulement absurde mais est aussi une atteinte directe à notre liberté individuelle. Manger de la viande ou non est un choix personnel. Se nourrir de riz l’est tout autant. Que ceux qui veulent être végétariens ou végétaliens, ne manger que des lentilles ou du tofu, ne sucer que des graines de lin ou de pastèque, le fassent. Mais qu’ils respectent le choix de ceux d’entre nous qui, devant un steak juteux, salivent de bonheur. Laissez nos vaches en pet.

Mais étaient t'ils aussi déséspérés qu'aujourd'hui

Le déclin, la décadence,

Narcisse

Il y a 30 ans Christopher Lasch (1932-1994) est un historien et sociologueaméricain, intellectuel de tendance socialiste[réf. nécessaire] et critique social important de la deuxième moitié du XXe siècle. La Culture du Narcissisme : la vie américaine à un âge de déclin des espérances est un livre écrit par l'historienaméricainChristopher Lasch (1932–1994). Sa première parution date de 1979. L'ouvrage explore les racines et les ramifications d'une normalisation de la pathologie narcissique dans la culture américaine du XXe siècle en se basant sur des analyses à la fois psychologiques, culturelles, artistiques et historiques.

L'existence sans futur

  • pas de respect des vieux,refus de viellir, juvénilisme,

Narcisse est un individu a-historique, soumis à l’auto-dictature du présent. Le peu d’intérêt pour l’histoire et le passé viennent sans doute qu’il a tiré un constat cynique et désabusé sur la perte de légitimité des grands récits : la croissance conduit aux désastres écologiques, le socialisme au goulag, la grande culture allemande à Auschwitz et le progrès technologique à Hiroshima. Quant à l’avenir, mieux vaut ne pas y penser car, de toutes manières, y penser ne changera rien. Le Narcisse se vit comme impuissant devant les apocalypses mondiales et collectives que lui ressassent les médias annonçant autant les catastrophes que notre impuissance à les éviter : on est passé sans y prendre garde de la lutte finale aux catastrophes finales. « Vivre dans l’instant est la passion dominante – vivre pour soi-même, et non pour ses ancêtres ou la postérité. Nous sommes en train de perdre le sens de la continuité historique, le sens d’appartenir à une succession de générations qui, nées dans le passé, s’étendent vers le futur
« Narcisse tente de transformer le rôle qu’il joue en une élévation symbolique de la vie quotidienne et se réfugie dans la plaisanterie, la moquerie et le cynisme. Si on lui demande d’exécuter une tâche désagréable, il établit clairement qu’il ne croit pas aux objectifs de l’organisation (Lasch aurait du être engagé pour auditer les administrations belges)… s’il se rend à une réception, son comportement tend à montrer que tout n’est qu’un jeu, faux, artificiel, dénué de sincérité, une mascarade grotesque de la sociabilité… en démythifiant la vie quotidienne, il se donne à lui-même et transmet aux autres l’impression qu’il la sublime, même quand il s’y plie et fait ce qu’on attend de lui »

« Il faut cependant comprendre que ce n’est pas par complaisance mais par désespoir que les gens s’absorbent en eux-mêmes, et que ce désespoir n’est pas l’apanage de la classe moyenne… L’effondrement de la vie personnelle ne provient pas de tourments spirituels réservés aux riches, mais de la guerre de tous contre tous, qui a toujours fait rage dans les couches inférieures de la population et qui s’étend à présent au reste de la société… le narcissisme se révélant essentiellement une défense contre les pulsions agressives plutôt qu’un amour de soi ».

Global burn out

Pascal Chabot

http://www.philomag.com/les-livres/lessai-du-mois/global-burn-out-6754

C’est une histoire de feu, d’un feu intérieur qui consume l’homme au travail. Un jour, brutalement, il tombe en cendres dans la froideur du management moderne. On appelle cette épidémie, car c’en est une, le « burn-out » (la fin d’un incendie) ou « épuisement professionnel ». Il atteint les meilleurs d’entre nous, les plus motivés, compétents, responsables, qui ont une vie privée et matérielle ordinairement agréables. Mais un matin, le corps refuse de bouger, impossible de marcher ou d’allumer son ordinateur, une crise de larmes oblige à garer la voiture sur la bande d’arrêt d’urgence. Arrêt d’urgence. Le grand vide.

Tchernobyl

Quantités de bombes 2053

  • USA: 1032
  • URSS: 715
  • FRANCE: 210
  • UK: 45
  • CHINE: 45
  • INDE: 4
  • PAKISTAN: 2

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl, également désignée comme l'accident nucléaire de Tchernobyl, est un accident nucléaire classé au niveau 7, le plus élevé, sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) qui a eu lieu le 26avril1986 dans la centrale Lénine, située à l'époque en RSS d'Ukraine en URSS.
Le docteurDavid Takayoshi Suzuki (24mars1936 à Vancouver au Canada - ) est un généticien célèbre pour sa promotion des sciences et son activismeécologique. Il a reçu le Prix Nobel alternatif en 2009.

Type
INES

Année

Cas

7

1986

Catastrophe de Tchernobyl en URSS.

2011

Accident nucléaire de Fukushima au Japon5.

6

1957

Catastrophe de Kychtym en URSS.

5

1987

Accident nucléaire de Goiânia au Brésil.

1979

Accident nucléaire de Three Mile Island aux États-Unis.

1957

Incendie à la centrale de Windscale, depuis renommée Sellafield, au Royaume-Uni.

1952

Accident aux laboratoires nucléaires de Chalk River au Canada.

4

2006

Accident à Fleurus en Belgique (voir Institut national des radioéléments).

1999

Accident de criticité de Tōkai-mura au Japon.

1980

Endommagement d'un cœur de la Centrale nucléaire de Saint-Laurent-A2 en France6.

1969

Fusion de 50 kg d'uranium de la Centrale nucléaire de Saint-Laurent-A1 en France lors du chargement (17 octobre).

1969

Fusion du cœur à la centrale nucléaire de Lucens (21 janvier 1969).

3

2013

Fuite de 300 tonnes d'eau radioactive à la centrale de Fukushima 7.

2008

Fuite à l'Institut national des radioéléments de Fleurus en Belgique (25 août 2008)8.

2005

Fuite nucléaire à Sellafield, (ex-Windscale).

2008

Exposition d'un travailleur à une source radioactive à l'ONERA à Toulouse (18 mars 2008)6,9,10.

2002

Fuite radioactive d'un fût expédié de Suède et transitant par Roissy (27 décembre 2001)11.

1991

Forbach (Moselle) : trois employés intérimaires pénètrent dans un accélérateur industriel en fonctionnement et sont fortement irradiés6.

1989

Erreur de vis dans le montage des valves de protection contre les surpressions à Gravelines.

1981

Incendie d'un silo à La Hague (6 janvier 1981)12.

Kondratiev

Un cycle de Kondratiev est un cycle économique de l'ordre de 40 à 60 ans aussi appelé cycle de longue durée. Mis en évidence dès 1926 par l'économiste Nikolai Kondratiev dans son ouvrage Les vagues longues de la conjoncture, il présente deux phases distinctes : une phase ascendante (phase A) et une phase descendante (phase B).1

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_de_Kondratiev

Le changement climatique,

Le GIEC a été créé en novembre 1988, à la demande du G7 (aujourd’hui G8), par deux organismes de l’ONU : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)1. Le prix Nobel de la paix lui a été attribué en 2007 conjointement avec Al Gore2.

Le météorologiste suédois Bert Bolin a joué un rôle important lors de sa création et l'a dirigé de 1988 à 19973. Les autres membres fondateurs sont le canadien Maurice Strong, actuellement caché en Chine à la suite de son implication dans le scandale du détournement de fonds dans le cadre du programme « Pétrole contre nourriture », et le britannique John T. Houghton (en)4.

Selon les conclusions d'une Enquête publiée en 2009 par Peter Doran(en) et Maggie Zimmerman du Earth and Environmental Sciences Department8 de l'Université de l'Illinois à Chicago, et à laquelle 3 146 scientifiques ont répondu, « il semble que le débat sur l'authenticité du réchauffement global et sur le rôle joué par les activités humaines soit largement inexistant parmi ceux qui comprennent les nuances et les bases scientifiques des processus climatiques à long terme. ». Elle conclut à l'existence d'un large consensus (90 % des scientifiques interrogés jugeant que les températures mondiales ont « globalement augmenté » depuis le XIXe siècle, et 82 % étant en accord avec l'hypothèse d'une forte influence de l'activité humaine)9, avec cependant de larges différences selon le domaine d'expertise, ce dernier chiffre montant à 97,4 % des 79 spécialistes en climatologie, contre 47 % des 103 géologues interrogés.

Décroissance

Puisqu'il faut de l'énergie (de + en + d'énergie) pour faire de la croissance, j'en profite pour rappeler les trois déclins énergétiques auxquels notre monde moderne est confronté:

  1. le déclin de la production de pétrole (google: peak oil)
  2. le déclin accéléré des exportations de pétrole (google: modèle des pays exportateurs)
  3. le déclin de l'EROEI du pétrole (google: énergie nette)

De ces trois déclins, le troisième est le plus insidieux.

De 100 au début, l'EROEI du pétrole L'EROEI (Energy Returned On Energy Invested), ERoEI, ou EROI (Energy Return On Investment) ou en français TRE (Taux de Retour Énergétique), est le ratio d'énergie utilisable acquise à partir d'une source donnée d'énergie, rapportée à la quantité d'énergie dépensée pour obtenir cette énergie. Quand l'EROEI d'une ressource est inférieur ou égal à 1, cette source d'énergie devient un "puits d'énergie", et ne peut plus être utilisée comme source d'énergie primaire. est descendu à 14 environ de nos jours, globalement. En clair, avec un baril de pétrole on n'en extrait plus que 14 [Tim Morgan], au lieu de 100 (au début de l'exploitation du pétrole).

Hélas, avec 13 barils disponibles pour la société (énergie nette), on peut fatalement faire beaucoup moins qu'avec 99 (barils)...

A noter que Tim Morgan vient d'ailleurs d'écrire un livre au titre très à propos de "Life after Growth".

Qui plus est, cet EROEI "invisible" continue de descendre, car l'industrie a de plus en plus recours aux pétroles non-conventionnels, dont l'EROEI peut descendre jusqu'à 2.

Il y a pire encore: l’éthanol de maïs aux Etats_Unis, dont l’EROEI est estimé à 1, ce qui signifie que la production d’éthanol de maïs n’apporte pas d’énergie à la société.

The days of 100:1 energy returns are long gone. The ratio for new oil projects has declined from 30:1 to barely 10:1 since the 1970s. For global energy overall, the EROEI has declined from about 37:1 in 1990 to less than 14:1 now.

Mesage de Menton

S.O.S. ENVIRONNEMENT 2200 savants s adressent aux 3 milliards et demi de terriens

Le 11 mai 1971 à New York, un message signé par 2 200 hommes de science de 23 pays a été remis à U Thant, Secrétaire général des Nations Unies. Il est adressé aux « trois milliards et demi d'habitants de la planète Terre », pour les mettre en garde contre « le danger sans précédent =» qui menace l'humanité. Aux six savants éminents qui lui présentaient ce message (dont nous reproduisons ici l'essentiel), le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré : « Je crois que l'humanité a fini par prendre conscience du fait qu'il existe sur (et autour de) la Terre un équilibre délicat entre les phénomènes physiques et biologiques, qui ne saurait être boule¬ versé étourdiment par notre ruée vers le développe¬ ment technologique... Face à ce grave danger géné¬ ral, qui porte en lui les prémisses d'une extinction de l'espèce humaine, il se pourrait bien que, de notre réaction commune, naisse un véritable lien entre tous les hommes. Le combat pour la survie de l'humanité ne peut être mené que grâce à un mouvement concerté de toutes les nations. » Le « Message de Menton » ainsi nommé parce qu'il fut rédigé au cours d'une réunion qui s'est tenue dans cette ville française a été diffusé parmi les biologistes et les spécialistes de l'envi¬ ronnement en Europe et en Amérique du Nord, ainsi qu'en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. La réunion de Menton avait été convoquée par un nouveau mouvement volontaire pour la paix, non gouvernemental et international, qui porte le nom de « Da! Dong » à la lettre, « monde du grand ensemble » , concept né voilà plus de vingt-cinq siècles dans la Chine d'avant Confucius. Parmi les 2 200 signataires du Message de Men¬ ton, on trouve quatre Prix Nobel (Salvador Luria, Jacques Monod, Albert Szent-Gyorgyi et George Wald) et d'illustres noms du monde scientifique, tels ceux de Jean Rostand, Sir Julian Huxley, Thor Heyerdahl, Paul Ehrlich, Margaret Mead, René Du- mont, Lord Ritchie-Calder, Shutaro Yamamoto, Gerardo Budowski, Enrique Beltran et Mohamed Zaki Barakat.

N dépit des distances, de la diversité des cultures, des langues, des conceptions de la vie, des appartenances religieuses et politiques, nous sommes tous aujourd'hui également menacés. Jamais les hommes n'ont affronté jusqu'ici un péril dont la gravité et l'ampleur relèvent de la conjugaison de plusieurs phénomènes. Chacun d'eux suffirait déjà à lui seul à créer des problèmes insolubles ; tous à la fois, ils signifient que les souffrances humaines vont terriblement s'aggraver dans un proche avenir et que toute vie s'éteigne ou risque de s'éteindre sur la planète. Nous, biologistes et écologistes, ne débattrons pas de l'efficacité des solutions particulières à ces problèmes, mais nous tenons à dire que nous sommes convaincus qu'ils existent, qu'ils sont planétaires et interdépendants, et qu'ils peuvent être résolus si, écartant nos mesquins et égoïstes intérêts, nous visons à satisfaire les besoins de tous les hommes.

REDOUTABLES PROBLEMES Détérioration de l'environnement : La qualité du milieu où nous vivons se dégrade à un rythme sans précédent. Ce phénomène est plus apparent dans certaines parties du monde que dans d'autres et, dans certaines régions, la sonnette d'alarme a déjà retenti, alors que dans d'autres, la dégradation du milieu semble encore lointaine et, dans l'immédiat, ne préoccupe personne. Mais, en fait, le milieu est indivisible. Ce qui affecte la partie affecte le tout. L'exemple le plus largement répandu de ce processus est l'envahissement du cycle alimentaire par des substances nocives telles que le mercure, le plomb, le cadmium, le DDT et d'autres composés chlorurés ; en effet, ces sub¬ stances se sont révélées dans les tissus d'oiseaux et d'animaux qui vivent très loin des zones où elles ont été employées. Résidus pétroliers, déchets industriels, effluents de toutes sortes ont pollué à peu près toute l'eau douce, comme toutes les eaux des rivages maritimes sur tout le globe. Quant aux eaux usées et aux résidus organiques, la quantité en est désormais trop grande pour que le recyclage naturel en permette le réemploi. Un couvercle de lourds nuages de fumées industrielles pèse au-dessus des villes et les polluants transportés par les vents détrui¬ sent des arbres à des centaines de kilomètres de la source de pollution. Plus alarmantes encore, certaines expériences techno¬ logiques nouvelles (par exemple, les transports super¬ soniques et la prolifération des centrales d'énergie atomique), lesquelles négligent absolument les effets possibles qu'elles peuvent avoir à long terme sur l'envi¬ ronnement. Diminution des ressources naturelles : Notre Terre n'est pas sans limites et ses ressources, pour une part, s'épui¬ sent. Néanmoins, la société industrielle gaspille ces ressources non renouvelables et exploite à tort et à travers celles pouvant être renouvelées ; elle exploite les ressources de certains pays sans se soucier de dépouiller les populations, ni des besoins des générations à venir. La Terre manque déjà de certains produits d'importance décisive pour une société technologique et l'on s'occupe d'extraire des minerais du fond des océans. Mise en qui non seulement exigera une masse énorme d'argent et d'énergie (et la quantité de combustibles producteurs d'énergie est limitée), mais qui ne devrait pas être entreprise sans minutieuses études préalables des possibles effets sur la vie de la faune et de la flore marines, lesquelles font également partie de nos ressources naturelles et constituent une source de nourriture riche en protéines. Presque la totalité de la terre arable, bien irriguée et fertile de notre planète est aujourd'hui exploitée. Cependant, chaque année, surtout dans les régions indus- trielles, des millions d'hectares sont enlevés à l'agriculture et utilisés comme emplacements industriels, routes, par¬ kings, etc. Le déboisement, les barrages, la monoculture, l'utilisation incontrôlée des pesticides et défoliants, l'exploitation minière à ciel ouvert et autres pratiques d'exploitation imprudentes, voire stériles, ont contribué à créer un désé¬ quilibre écologique dont les effets catastrophiques se sont manifestés dans certaines régions et qui, à long terme, pourraient gravement compromettre la productivité dans de vastes régions du monde. Même dans les meilleures conditions, la Terre ne peut fournir assez de ressources pour assurer à tous les hom¬ mes le niveau de consommation dont peuvent bénéficier la plupart des habitants des sociétés industrielles, et le contraste entre les modes de vie fondés ici sur l'extrême pauvreté, là sur l'abondance, restera motif de conflits et de révolutions. Population, surpeuplement et faim : Il y a aujourd'hui trois milliards et demi d'hommes sur la Terre. Compte tenu des programmes de contrôle des naissances et de leur éventuelle réussite, il y en aura 6 milliards et demi en l'an 2000. Actuellement, 2/3 de la population mondiale souffrent de la malnutrition ; la famine menace en dépit de quelques progrès institutionnels. La pollution et le déséquilibre éco¬ logique altèrent déjà certaines sources de nourriture, et ce qu'on entreprend pour améliorer le niveau alimentaire est souvent cause additionnelle de pollution. L'homme a besoin d'espace et, jusqu'à un certain point, de solitude (qu'il est certes malaisé de quantifier). Nous ne vivons pas seulement de pain ; même si la technologie assurait à tous assez de nourritures synthétiques, le surpeu¬ plement aurait vraisemblement des conséquences sociales et écologiques désastreuses. Guerre : Jamais il n'y eut dans toute l'histoire d'activité plus universelle ni plus universellement condamnée que la la guerre ; on a cherché sans relâche des armes toujours plus destructrices, des procédés d'extermination toujours plus efficaces. Aujourd'hui que nous avons découvert l'arme des armes, nous hésitons à l'employer, mais la peur ne nous empêche pas de bourrer nos arsenaux de tant d'ar¬ mes nucléaires que toute vie pourrait être effacée de la terre, pas plus que d'expérimenter des armes chimiques et biologiques, en laboratoire ou dans une zone d'opérations militaires. Pas davantage, de nous retenir de faire de « peti¬ tes » guerres, ou de nous livrer à des actes d'agression susceptibles d'entraîner une guerre nucléaire. Même si finalement la guerre totale est évitée, on gas¬ pille à la préparer des ressources naturelles et humaines indispensables à loger et nourrir les populations deshé¬ ritées et à sauver notre milieu naturel. Il est clair que l'agressivité propre à l'homme n'est pas une explication satisfaisante. Car les hommes ont réussi parfois à créer des sociétés stables et à peu près pacifiques, en certaines ré¬ gions géographiquement limitées. Aujourd'hui, le péril d'une guerre totale semble tenir à deux éléments : d'une part, l'inégalité existant entre régions industriali¬ sées et régions non industrialisées, et la volonté qu'ont des millions de déshérités d'améliorer leur sort ; d'autre part, les luttes et rivalités pour le pouvoir et les privilèges économiques entre Etats nationaux, qu'au¬ cun système international ne tient en bride, et qui ne veulent pas renoncer à leurs intérêts particuliers en faveur de la création d'une société plus équitable. En ces termes, le problème semble pratiquement insolu¬ ble. Par le passé cependant l'humanité a fait preuve d'un ressort, d'une adaptabilité insoupçonnés. Et, affrontant ce qui pourrait bien être un ultime défi de survie, elle dissipera une fois de plus nos craintes. QUE FAIRE? Nous ne venons d'énumérer que quelques-uns des pro¬ blèmes auxquels nous sommes confrontés et nous n'en avons qu'à peine indiqué les causes. Nous ignorons en fait l'ampleur et de. nos problèmes et des solutions à y appor¬ ter. Mais nous savons que la terre et tous ses habitants sont mal en point, et que nos problèmes se multiplieront si nous négligeons de les résoudre. Dans les années 40, quand fut décidée la fabrication de la bombe atomique, les Etats-Unis ont, pour y parvenir en deux ans, investi deux millards de dollars et mis à l'iuvre des spécialistes du monde entier. Dans les années 60, les Etats- Unis ont dépensé de 20 à 40 milliards de dollars pour gagner la course vers la Lune, et l'Union Soviétique comme les Etats-Unis continuent à dépenser des milliards de dol¬ lars dans l'exploration spatiale. Or, il est certain que les immenses recherches à propos de la survie de l'humanité l'emportent de loin sur la recher¬ che atomique ou spatiale. Il faut les entreprendre sans délai, à même échelle, et avec une conscience plus aigué de leur caractère d'urgence. De telles recherches devraient être assurés par les nations industrielles qui sont non seule¬ ment les plus capables d'en assumer la charge financière, mais qui sont de plus les principaux usagers des ressour¬ ces naturelles comme les principaux coupables de pollution. Cependant ces recherches devraient être menées par les hommes vraiment qualifiés de leur pays, de toutes profes¬ sions travaillant libres de toute entrave imposée par des politiques nationalistes. Telle est la gravité de la crise, que nous en appelons à l'action en même temps qu'à la recherche. Il ne s'agit pas d'une panacée, mais d'opérations-freins, afin que la situa¬ tion ne se détériore pas irrémédiablement. Différer l'application des innovations technologiques dont nous ne sommes pas en mesure de prévoir les effets, et qui ne sont pas indispensables à la survie de l'humanité : ce qui inclurait les nouveaux types d'armement, les transports superfétatoires, les nouveaux pesticides dont les effets sont inconnus, la fabrication de nouvelles matières plasti¬ ques, l'implantation de grands complexes d'énergie ato¬ mique, etc. A quoi il faut ajouter les grands travaux dont les conséquences écologiques n'auraient pas été préalablement étudiées, les barrages, la « récupération » des jungles, les plans d'exploitation minière sous-marine, etc. Appliquer les techniques existantes de contrôle de la pollution à la production d'énergie et à l'industrie en géné¬ ral ; recycler largement certains matériaux pour éviter d'épuiser certaines ressources ; établir rapidement des accords internationaux sur la qualité de l'environnement, accords sujets à révision au fur et à mesure que seront mieux connus les besoins ; travailler à freiner l'augmenta¬ tion démographique dans le monde entier, en prenant garde de ne pas attenter aux droits civils. Il faut que de tels pro¬ grammes soient assortis d'une baisse du niveau de la consommation des classes privilégiées, et que soit assurée une répartition plus équitable des ressources. Trouver, quelles que soient les difficultés des nations, à établir des accords, un moyen d'abolir la guerre, de désa¬ morcer les armes atomiques, et de détruire les armes chi¬ miques et biologiques. Les conséquences d'une guerre glo¬ bale seraient immédiates et irréversibles : aussi est-il du devoir des individus et des groupes de refuser toute parti¬ cipation à des recherches ou entreprises qui aboutiraient à l'extermination de l'espèce humaine. Il nous faut voir désormais la Terre, qui nous semblait immense, dans son exiguïté. Nous vivons en système clos, totalement dépendants de la Terre et dépendant les uns des autres, et pour notre vie et pour la vie des générations à venir. Tout ce qui nous divise est infiniment moins important que ce qui nous lie et le péril qui nous unit. Nous croyons vrai, à la lettre, que l'homme ne gardera la Terre pour foyer que si nous écartons enfin ce qui nous divise