Le singe de l'eau

Mr Laron
Modifié le: 21 novembre 2013

Chronique mp3 sur la petite radio

C'est une vielle histoire que l'on pensait rédigée et qui serait pourtant encore à écrire, c'est l'histoire d'un

Tout commence à partir d'un "fossil gap", une coupure dans la longue chaine de fossiles qui mène d'un mamifère primitif à l'homme, un espace vierge ouvert aux hypothèses de plusieurs millions d'années: avant il s'agit bien d'un quadrupède, après, le voici marchant sur ces deux pied...

Si je vous demande de décrire votre ancètre animal, vous me proposerez probablement l'image d'un singe vaguement debout, velu, aggressif et braillard, front fuyant, menton large, l'air vaguement absent lorsqu'il mange les puces dans la crinière de son voisin. C'est le singe premier, l'homme de la guerre du feu, de 2001 l'Odyssée de l'espace, en permanence à deux doigt de saisir un os ou une branche pour frapper son voisin, arpenteur des plaines larges de la savane, chasseur ceuilleur, dressé sur ses pattes de derrière pour observer l'arrivée d'une proie ou d'un prédateur par dela les hautes herbes.

C'est à peu de choses près l'histoire officielle, globalement sortie des travaux de Darwin, et largement défendue et enseignée aux enfants depuis que l'on pensait la question réglée par cette hypothèse simple: l'homme c'est dressé sur ses pattes de derrière en quittant les arbres pour la savane, lorsque la foret vierge à reculé suite aux changements climatiques, et tout le reste en découla bientôt ... et/ou fut le résultat d'une autosélection des individus, par le sexe et la guerre, nos deux activités favorites.

Cet histoire aurait pu nous convenir encore longtemps, si elle n'avait pas été ébrèchée par une autre théorie, controversée, qui prend aujourd'hui petit à petit une certaine ampleur: et si les caractéristiques propres à l'homme étaient issues d'une origine semi aquatique?

Cette nouvelle histoire commence elle aussi sur deux jambes: deux scientifiques distincts qui vont exprimer sans se connaitre de nouvelles hypothèses similaires, propres a expliquer les caractéristiques uniques de l'homme: Max Westenhöfer un biologiste allemand & Sir Alister Clavering Hardy un biologiste marin spécialiste du plancton et des mammifères marins qui s'en nourissent.

Westenhöfer est avant tout un pathologiste, qui va travailler principalement au Chili sur la syphilis et les conditions d'hygiène, mais à partir de 1923 le voila publiant plusieurs ouvrages sur l'évolution humaine dont, en 1943, "The Unique Road to Man" dans lequel il pose la plupart des bases de la nouvelle théorie des origines: Les oreilles et le sens de l'odorat relativements sous développés, l'absence de poils, la couche de graisse sous cutanée, la forme des pieds, sont toutes des caractéristiques morphologiques que l'on retrouve à divers degrés chez les espèces de mammifères aquatiques ou semi-aquatiques, comprenez autant les baleines que les hippopotames. La théorie a déja la une certaine solidité théorique, même si l'auteur souhaite avant tout lancer la recherche dans le domaine, mais il écrit cela dans une période ou les théories évolutionnistes sont sans cesse sur une pente idéologique dangereuse: celle d'inviter à l'eugénisme, d'excuser le racisme ambiant, et pour certains de brandir un nécessaire redressement moral et génétique de l'espèce. Darwin à publié relativement récemment ses travaux sur l'origine des espèces, deux générations plus tot seulement, une pécadille, le temps nécessaire parait t'il pour que nos sociétés intègrent pleinement les idées vraiment nouvelles. Et, l'histoire nous le confirmera, nous n'avons probablement pas encore en 1940 culturellement digéré l'impact immense et toute la portée spirituelle de telles considérations sur nos origines et notre destin. Westenhöfer deviendra d’ailleurs vice-président de La société allemande pour l'hygiène raciale, dont les idées seront bientôt reprises par le mouvement national socialiste allemand. Passé la guerre, son travail sur l'évolution rejoindra le patrimoine à oublier.

Beaucoup plus fréquentable est notre deuxième jambe (la gauche probablement) à porter cette idée, le biologiste marin anglais: Sir Alister Clavering Hardy.

Cet arpenteur de l'arctique a tout d'abord un premier doute en 1930. Lisant Man's Place among the Mammals de Wood Jones, un autre biologiste anglais, il constate que l'une des questions qui préoccupe l'auteur, à savoir les raisons de la couche de graisse sous cutanée propre à l'homme, est une caractéristique des mammifères marins qu'il connait bien.

Parlons un instant de cette couche de graisse sous cutanée... l'homme est le seul primate à la posséder. Les mammifères terrestres stockent généralement leur graisse autour des organes internes, reins et intestins, la ou elle est produite, mais chez les mammifères marins, cette graisse à progressivement migré sous la peau, de façon à constituer une isolation thermique utile en milieu humide, ou la fourrure perd toutes ses capacités utiles. Un gorille obèse est une impossibilité anatomique, et si l'on compare un bébé humain et un bébé chimpanzé, la différence est criante, c'est bien un élément distinctif de l'homme par rapport aux autres primates.

Arrive alors également chez Hardy cette intuition: et si l'homme avait eu un passé partiellement aquatique?

Il va garder cette hypothèse secrete durant 30 ans, collectant patiemment des nouveaux éléments pour la consolider. Mais il ne publiera rien sur le sujet, tout au plus l'évoquera t'il parfois lors d'un diné entre amis. En effet, ce biologiste à peur des répercussions possibles d'une telle hypothèse, à par ailleurs d'autres travaux en cours pour lesquels il est reconnu, et de plus ne s'estime pas compétent en évolution humaine (sentiment d'incompétence qui est d'ailleurs, soit dit en passant, souvent aux germes d'une certaine créativité).

S'accumulent alors, au fur et à mesure de l'avancement de discrètes recherches de bureau, une foule d'arguments expliquant l'homme sur cette nouvelle base: anatomiques, morphologiques, sociologiques, paléoclimatologiques,...

Il osera enfin, le 5 mars 1960, donner une première conférence sur le sujet à un obscur club de plongeurs de Brighton... et rapidement après, le 17 mars, suite au tollé soulevé par son hypothèse, il la publiera sous la forme d'un article, plus scientifique, dans la revue anglaise New Scientist.

A la fin de son article, il écrit cet appel:

My thesis is, of course, only a speculation - an hypothesis to be discussed and tested against further lines of evidence. Such ideas are useful only if they stimulate fresh inquiries which may bring us nearer the truth.

Mais malgré cette prudente bouteille lançée a ses confrères pour encourager plus de recherches sur le sujet, il ne recevra que quelques réponses timides, et sa théorie tombera bientot dans l'oubli total également...

Elle le serait peut-être encore, si un troisième personnage n'était pas entré en scéne alors: Une dramaturge et écrivain féministe engagée, anglaise également, Elaine Morgan.


Elaine Morgan est avant tout écrivain, mais son engagement féministe l'emmène dans un travail de lecture et de recherche sur l'évolution humaine.

Le modèle dominant est en effet à ce moment celui de l'homme chasseur & la femme ceuilleuse, expliquant bon nombre des spécificités humaines par la migration des arbres vers la savane et par une sélection sexuelle et culturelle qui à porté la femme aux fourneaux et l'homme en conquérant.

Elaine Morgan trouve entre autres mérites à l'hypothèse enterrée de hardy de fournir une image des humains primitifs plus égalitaire et qui corresponde mieux a ses intuitions sur la nature humaine: ils sont tout les deux des ramasseurs de coquillages, paisibles barbotteurs, ...

Elle contacte Alister Hardy pour lui dire qu'elle souhaite publier un livre sur la question, et lui demander son avis. Alister Hardy souhaite publier un livre également, mais son éditeur pense qu'il serait plus facilement reçu si un premier livre sur la question était au préalablement écrit par quelqu'un de moins connu que lui...

l'écriture et la publication d'un livre "The descent of womans", 100 ans après "The descent of Man" de Darwin ou elle s'attaque aux machisme ambiant des mythes catholiques et théories évolutives et entreprend de réécrire l'histoire de l'évolution humaine en donnant une place à la femme autant qu'a l'homme

Parmi les travaux d'antropologie du moment qui abordent de front cette sélection, celui du zoologiste anglais Desmond Morris, the naked ape, postule même que la forme de la poitrine des femmes serait destinée à rappeler la forme des fesses au mâle en chaleur. Il faut dire que l'homme est également le primate aux organes sexuels les plus développés...

Elle apelle du moins à une réévaluation de la question, et dans son travail de recherche est tombée sur la théorie de Alister hardy,

et parmi les livres

Parmi les vulgarisateurs de

La controverse male femelle bat s'installe donc en antropologie évolutive,

Un livre à la posture souvent machiste peut-être, mais qui contient néanmoins de nombreuses hypothèses nouvelles qui concourent à fissurer en partie de paradigme de "la théorie de la savane", et interpellent Elaine Morgan... notemment lorsque Morris se met à comparer les attributs spécifiques à l'homme avec d'autres mammifère, l'amenant à évoquer la théorie de Harris pour expliquer les spécificités humaines.

http://www.riverapes.com/AAH/Morgan/Morgan.htm

morphologiques: la couche de graisse sous cutanée est une isolation thermique la forme du nez, permettant de s'immerger, la capacité de respiration consciente de l'homme, lui permettant de plonger à de grande profondeur,

socialogiques: le plaisir éprouvé par les bébés humains lorsqu’il sont immergés, par tous lorsqu'on barbotte dans la mer ou dans un lac, notre volonté persistente d'appercevoir la mer ou une étendue d'eau dans notre environnement.

paléoclimatologiques

le pecheur à la mouche

Cette histoire nous raconte également qu'une idée ne trouve pas sa place dans le corpus en fonction de sa qualité uniquement, mais également en fonction de qui la porte, sa respectabilité, son histoire, son statut.

Car la question de nos origine touche à l'image que l'on se fait d'espèce humaine, et par la de nos à priori sur nous même et sur nos aspirations...

De chasseur, l'homme devient pecheur. Et à ceux qui m'évoqueront encore le coté prédateur de l'homme pour appuyer une politique de compétition effrénée, je pourrai désormais leur raconter l'image d'un paisible pataugeur, chanteur de plage et ramasseur de moules plus propre à éveiller mon imagination, mon rève humain de pecheur à la mouche.

De poilu braillard, voici notre homme devenu barboteur et ramasseur de coquillage, un paisible promeneur des plages, cherchant la nourriture la ou jusqu'ici tout le monde l'avait laissée... aux abords des grands lacs, des rivières et des océans. Regardez le il est magnifique! Dressé les pieds dans l'eau, il plonge pendant plusieurs minutes pour ramasser des mollusques qu'il casse enfin sur la plage... soleil, sable chaud, moules.

Voici cette nouvelle histoire:

Lors du ??? le climat devient plus humide et plus chaud. Les mers montent et remplissent les cuvettes laissées par les fleuves. Voici notre primate retenu sur une ile

Cet histoire est aussi devenue celle d'une écrivain féministe qui tente de bousculer une communauté scientifique campée sur ses acquis...

Scientifiques

Elaine Morgan
Alister Hardy
David Atteborough (bipédie lors de la marche dans l'eau)
Daniel Dennet
Pr Tobias
Max_Westenhofer

http://eldrin.acouphene.info/amazonie/j\_amazonas.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_primate_aquatique#Pour_l.27hypoth.C3.A8se

http://www.ted.com/talks/lang/fr/elaine_morgan_says_we_evolved_from_aquatic_apes.html

http://www.primitivism.com/aquatic-ape.htm

http://www.riverapes.com/AAH/Westnfr/WestnHfr.htm